Mommy de Xavier Dolan en deux mots: Violemment émouvant.

Mommy de Xavier Dolan en deux mots: Violemment émouvant.

Mommy

L’histoire: Une veuve mono-parentale hérite de la garde de son fils, un adolescent TDAH impulsif et violent. Au coeur de leurs emportements et difficultés, ils tentent de joindre les deux bouts, notamment grâce à l’aide inattendue de l’énigmatique voisine d’en face, Kyla. Tous les trois, ils retrouvent une forme d’équilibre et, bientôt, d’espoir.

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Parfois, dans la vie d’un blogger cinéma, la routine s’installe, les films s’enchaînent et ce qu’on a à en dire se ressemble, la motivation baisse et les articles s’espacent dans le temps. On attend juste le moment / le film qui nous fera sortir de cette torpeur. Mommy de Xavier Dolan fait partie de ces films électriques qui vous bousculent. Reprenant la même intensité et authenticité émotionnelles de J’ai tué ma mère qui m’avait fait aimer le cinéma du cinéaste canadien, Mommy est une succession de moments forts qui vous laissent une empreinte tenable, de fait. Le film est une vérité, une réalité qui s’impose très naturellement. Oui, le personnage principal, Steve O’Connor Després, aime sa mère. Oui, la volonté forte d’une vie heureuse est présente chez les deux personnages. Oui, mais voilà, la vie se passe autrement et elle ne s’excuse de rien, surtout pas d’une violence intérieure latente qui ne demande qu’à s’exprimer.

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Xavier Dolan aime ses acteurs et on a le plaisir de retrouver Anne Dorval ainsi que Suzanne Clément que l’on pouvait déjà toutes deux croiser dans son premier film. Je ne sais pas si quand il écrit son scénario, Xavier Dolan pense à ses acteurs mais le rôle qu’il donne à Suzanne Clément est assez extraordinaire. Son personnage réussit à se faire accepter dans une dynamique mère-fils que l’on pourrait croire complètement hermétique tout en ayant une dimension propre. Une des scènes les plus fortes est celle dans la cuisine qui nous fait presque aimer Céline Dion. C’est la première fois que les deux personnages principaux incluent l’ex-enseignante dans leur intimité.

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D’un point de vue un peu plus formel, le choix du format 1:1 permet au metteur en scène un véritable coup de génie. Ce format resserré qui met immédiatement dans un environnement renfermé, s’élargit en 4:3 à deux moments. Des moments de grâce bienvenus qui nous laissent respirer et nous emportent dans ce moment de liberté des personnages et du metteur en scène. Particulièrement au moment du fantasme de la mère sur ce que leur vie future pourrait être. A ce moment, le format est élargi et croit dur comme fer jusqu’au moment où le format reprend sa forme carrée annonçant très simplement que non, les problèmes de cette famille ne sont pas fini…

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Le film dure un peu plus de deux heures mais ces deux heures passent à une de ces vitesses! Chaque moment est essentiel afin de comprendre et apprécier les quelques moments de pure émotion qui fait rapidement monter les larmes aux yeux. J’ai choisi délibérément de ne pas parler de la musique du film qui évidemment fait une peu la marque de fabrique de Dolan car cette fois-ci, mis à part le choix très fort d’une chanson de Céline Dion, cette dernière est complètement secondaire à l’objet. En conclusion, si vous avez apprécié le premier film de Xavier Dolan, vous apprécierez d’autant plus Mommy. Du grand Dolan!

Sortie (aujourd’hui) le 8 octobre 2014.

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