8 – Le temps presse !

L’avant-première de jeudi soir dernier de 8 – Le temps presse au Grand Rex en deux mots: Créativement engagé.



Une soirée mémorable qui réunit les deux plus gros aspects de ma jeune vie d’étudiant: l’économie du développement et le cinéma. En effet, je suis étudiant dans un master 2 d’économie du développement et par conséquent les MDGs comme on les appelle, ça me connait! J’ai d’ailleurs fait une présentation sur l’avancée de ces objectifs au Vietnam. Tout ça pour dire que cela fait plaisir de voir que ces deux domaines sont loin d’être incompatibles! Pour un blogger et programmateur, on s’attend souvent à quelqu’un qui travaille ou étudie dans le monde du cinéma mais non, moi je suis un économiste. 8 – Le temps presse !est donc pour moi le symbole de cette combinaison. Non seulement les questions que le film soulève sont primordiales mais il les soulève de façon artistique et c’est exactement le genre création qui me plaît énormément (voir article sur Le Syndrome du Titanic).



L’avant-première a été précédée d’une conférence de l’Afd, Génération Solidaire: Réinventons, Entreprenons; dont l’intervenant principal fut Muhammad Yunus (ci-dessus à gauche), Prix Nobel de la Paix en 2006 pour sa création du micro-crédit au Bangladesh. Cette conférence était un appel aux initiatives de projets qui peuvent révolutionner la façon dont on pense la solidarité dans le développement. Un aspect qu’on oublie parfois lorsqu’on est noyé dans les discours des institutions supra-nationales. Il suffit parfois d’une idée pour changer les choses. C’est un point de vue plutôt optimiste qui fait bien plaisir de temps en temps. Les films quant à eux sont remplis d’intentions et d’engagement. On sent très fortement que la réflexion sur les différents sujets a eu un impact personnel sur tous les réalisateurs mobilisés. De la vision très lyrique de l’environnement de Jane Campion à la vision très brute du SIDA de Gaspar Noé, ces 8 courts métrages sont les parfaits véhicules des MDGs. Une incroyable initiative des producteurs à l’origine du projet que sont Lissandra Haulica et Marc Obéron. La soirée fut également l’occasion de lancer la plateforme http://www.letempspresse.org qui reprend les courts métrages et les associations/ONG associés à chaque objectif. Tous les courts métrages projetés lors de la soirée sont depuis vendredi disponible gratuitement sur Youtube.



Réduire l’extrême pauvreté et la faim


Tiya’s dream
de Abderrahmane Sissako.
L’histoire d’un père, de sa fille et des rêves de cette dernière. L’enfant est distraite tandis que ses camarades suivent un cours sur les MDGs. Abderrahmane Sissoako fait de cette matinée banale un plaisir visuel. Notamment le trajet de la maison de Tiya à son école.

ONG associée: Action Contre la Faim.

Assurer l’éducation pour tous


The letter
de Gael Garcia Bernal.
Un père fait prendre conscience à son fils que l’éducation est primordiale. Le film est raconté à travers une lettre d’un fils envoyée à son père et tandis que celui-ci se remémore son enfance, ces souvenirs apparaissent à l’écran. The letter est le deuxième film que Gael Garcia Bernal réalise.

Association: Planete Urgence.



Promouvoir l’égalité des sexes


How can it be
de Mira Nair.
Une femme musulmane tombe amoureuse d’un autre homme que son mari. Elle décide de quitter ce dernier ainsi que son fils. Ce film s’achève au moment où il devrait commencer et c’est bien dommage. Je suis resté sur ma faim. Qu’est-ce que le courage, l’intégrité, etc? Au final, on a toujours pas la réponse.

Association: Care.

Réduire la mortalité infantile


Mansion on the Hill
de Gus Van Sant.
Gus Van Sant et sa fixation du skate…. Du Gus Van Sant à son strict minimum. La succession de chiffres alarmants qu’on oublie à la seconde où ils disparaissent représentent tout ce que je déteste dans un film engagé…. Sur un sujet aussi important que la mortalité infantile, on ne retire absolument rien de ce court métrage….

ONG associée: ACTED.



Améliorer la santé maternelle


The Story of Panshin Beka
de Jan Kounen.
Une sombre histoire contée et chantée. Dans l’Amazonie, une femme enceinte décède. Probablement, le court métrage le plus beau des 8. Un court en noir et blanc avec des airs de documentaires. La forêt est extraordinairement bien filmée avec toutes ses nuances de lumière. Le chant pourra en énerver certains mais l’histoire est trop touchante pour rester de marbre.

Association: Croix Rouge Française.

Combattre le VIH


AIDS
de Gaspar Noé.
Soit on aime, soit on n’aime pas. La position de Gaspar Noé est franche et radicale. Un homme, une maladie. L’homme raconte les étapes de sa maladie tandis que des plans plus ou moins larges se succèdent. L’homme parle de ses peurs, de sa foi trouvée dans l’espoir de guérison et de sa famille qu’il ne veut pas voir dans cet état. Un film dur mais en parfaite adéquation avec la gravité de son sujet.

Association: Oxfam.



Préserver l’environnement


The Water diary
de Jane Campion.
Une région d’Australie subit une grande sécheresse. Chacun rêve de pluies et parmi l’un de ces rêves, la talentueuse joue de l’alto pour amener la pluie. Jane Campion signe ici le court métrage que j’ai préféré des 8. De l’humour, de la tristesse ainsi quede la révolte, la talentueuse réalisatrice réussit à transmettre cette sorte de mélancolie qui émerge lorsqu’on se rend compte que l’environnement est en danger et que rien n’est fait. Un court métrage poétique à souhait :).

Organisation associée: WWF.

Partenariat pour le développement


Person to Person
de Wim Wenders.
Un superbe court métrage pour conclure le film. Le court se joue de la manipulation
par les médias du discours des populations concernées et fait la part belle au micro crédit. Wim Wenders mélange des extraits du G8 avec ce qui se fait concrètement dans l’aide au développement. Sans faire passer les dirigeants des 8 pays les plus riches du monde pour les méchants de l’histoire, il accuse notre façon de penser et de véhiculer nos centres de préoccupations.

Organisation associée: Babyloan.



Un très belle réussite que cette avant-première qui fera on l’espère bouger les choses. Il ne reste plus que 5 ans pour atteindre l’objectif de réduction de moitié de la pauvreté dans le monde!Les 189 pays qui ont adopté ces objectifs ont encore pas mal de challenges devant eux. Mais pour finir sur une note plus positive, certains pays ont déjà réussi à atteindre un ou plusieurs des objectifs. Je pense notamment au Vietnam sur lequel j’ai fait ma présentation qui a réduit son pourcentage de population en dessous du seuil de pauvreté de plus de moitié passant de 37% en 2001 à 14,8% en 2009. C’est encourageant mais ce n’est pas fini!

Pour plus d’informations sur les objectifs du Millenium: http://www.un.org/millenniumgoals/.

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