Courts métrages en compétition – Semaine de la critique

Les courts métrages en compétition de la Semaine de la Critique en deux mots: Animé-ment dérangeante.



Un de mes objectifs en me rendant au Festival de Cannes était de voir les courts métrages en compétition dans les différentes sélections. Et c’est pourquoi j’ai couru à la séance de projection de tous les courts métrages de la compétition de la semaine de la critique qui a eu lieu le dimanche 16 dans la salle Miramar de la Croisette. Tous les réalisateurs étaient présents à l’exception du réalisateur de Love Patate. Voulant voir la séance de 22h de la Quinzaine des réalisateurs, je n’ai pas pu voir les 7 courts métrages d’autant plus que la séance a commencé avec un peu de retard. J’ai donc malheureusement raté le court brésilien A distraçäo de Ivan de Cavi Borges et Gustavo Melo ainsi que le court australien Deeper Than Yesterday de Ariel Kleiman.

Concernant la sélection des courts métrages de la Semaine de la Critique de cette année à proprement parlé, on a eu pratiquement autant de films d’animation que de films en prise de vue réelle. 4 courts métrages sur 7 quand même contre 2 sur 7 pour l’année dernière. De plus, les films de cette année ne s’excusent pas d’être dérangeants jusqu’à mettre en scène une relation nécrophile, faire appel à une victime de la radioactivité au visage complètement déformé, rendre romantique une relation entre un homme et une patate, etc. Les jeunes réalisateurs prennent des risques sans tomber (pour la plupart) dans le choquant pour choquer. Il y a toujours une sorte de leçon ou de poésie derrière les thèmes choisis. Une très bonne brochette de courts métrages somme toute.



Native Son de Scott Graham (Royaume-Uni).
Ce court métrage est celui qui m’a le plus plu de la sélection. Aborder autant de sujets sociaux dans un court métrage et d’une manière si authentique est assez extraordinaire. Le personnage principal est en marge de la société qu’il ne comprend pas. Il se réfugie donc dans la nature qu’il trouve rassurante. Seul, il ressent sans pouvoir y faire grand chose un manque affectif et charnel. Lorsqu’un corps inanimé se présente à lui, ce manque prend le dessus sur toute conception de bien ou de mal. Le culot du réalisateur est récompensé par une interprétation parfaite de l’acteur principal qui rend le court métrage sensible et plus que crédible. Un beau tour de magie sur un sujet aussi casse-gueule.



Love Patate de Gilles Cuvelier (France).
Love Patate est un très beau film d’animation. Mélangeant à la fois dessin et prise de vue réelle, la technique est maîtrisée et rend très bien sur l’écran. L’histoire en elle-même est incongrue et plutôt sympathique mais rien d’extraordinaire ne se dégage de ce court métrage. Il y a toutefois une certaine poésie dans cet amourinconditionnel de cet homme pour une patate. Certains passages sont bien pensés notamment le moment où on voit la patate se flétrir pendant que les jours passent. Mais le côté fantastique comme quoi la patate délaissée peut commander toutes les patates du monde pour se venger est de trop! Pourquoi ne pas avoir arrêté le court comme si cette aventure avec la patate n’était qu’un moment d’une vie et rien de plus?



Berik de Daniel Joseph Borgman (Danemark).
Berik qui a reçu le grand prix Canal+ du court métrage jeudi soir dernier est bizarrement celui qui m’a le moins convaincu. Ce mélange de fiction et de documentaire m’a vraiment dérangé. Pour moi, le court n’avait pas besoin d’une scénarisation. Cette histoire entre Berik et le gamin sonne faux et c’est bien dommage. Un simple documentaire sur ce personnage aurait largement suffi. Les premières secondes s’annonçaient prometteuses justement: des plans extrêmement serrés de Berik en train de se raser en contournant toutes ces déformations, mais on tombe ensuite dans une inutile fiction qui dénature le film.



Vasco de Sébastien Laudenbach (France).
Vasco est mon coup de cœur parmi les courts métrages d’animation que j’ai vu. Non seulement, le dessin est hallucinant de simplicité et de fluidité. Mais en plus l’univers et le propos de l’évasion/emprisonnement sont d’une vibrante poésie. Mais pas une poésie fraiche à la Lafontaine mais plutôt une poésie grave à la Victor Hugo. Le résultat est bluffant et hypnotisant. Je viens de voir une vidéo (cliquez ici pour la voir) sur le tournage du court et je suis encore plus impressionné en voyant la technique d’animation!! Le réalisateur a choisi le sable sur verre pour réaliser ce court. Pas étonnant qu’on ressent une impression de fluidité donc! Personnellement, je l’aurai très bien vu remporté le Grand prix :).



The Boy Who Wanted to Be a Lion de Alois Di Leo (Royaume-Uni).
Je ne vais pas vraiment m’attarder sur ce dernier court car son intérêt est plutôt limité. Une histoire et un dessin plutôt classiques. La seule originalité est le travail sur le son qui est intéressant vu que le héros est pratiquement sourd sans son appareil auditif et c’est d’ailleurs de là que vient sa fixation du lion. Il peut entendre le lion sans être effrayé par sa force. C’est le dessin beaucoup trop lisse qui ne permet malheureusement pas de rendre hommage à cette histoire qui au final aurait pu être intéressante.

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