Somos lo que hay – Quinzaine des réalisateurs

Somos lo que hay de Jorge Michel Grau en deux mots: Détestablement magnifique.



L’histoire: Lorsqu’un père de famille meurt subitement, sa famille doit trouver un moyen pour effectuer le rituel cannibal qui doit impérativement avoir lieu le lendemain.



Somos lo que hay est un film mexicain qui subjugue et rend perplexe à la fois. Le réalisateur a sans conteste attaché une importance particulière à la photographie de son film qui est impeccable: tous les plans sont à couper le souffle tellement ils sont beaux. Derrière un rideau de plastique, sous un pont, en caméra fixe, etc. il y a une idée derrière chacun de ces plans. Qu’il veuille donner un effet d’intimité, d’effroi, de désarroi ou même d’humour, on le ressent à travers l’image. Seulement, quand on dit que l’esthétique d’un film ne suffit pas, Somos lo que hay en est le parfait exemple. Jamais on n’aura plus déploré un déroulement de l’histoire aussi peu réussi. D’une lenteur extrême durant toute la première partie et outrageusement expéditif dans la seconde, le film déçoit énormément dans certains passages incohérents et d’une rare in-justesse. En sortant de la salle, on ne sait plus quoi penser! En effet, pour en prendre, on en a pris plein les yeux mais au niveau intellectuel, si on réfléchit bien on vient d’assister à une œuvre confuse et d’un niveau plutôt faible. C’est le genre de film qui m’énerve de frustration car il aurait pu être quelque chose d’énorme mais non! Vraiment dommage….


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De plus, les acteurs ont malheureusement une palette d’expression très limitée pendant le film. Si on voulait se rattacher à une interprétation, c’est raté. Ils en deviennent pratiquement les caricatures d’eux-mêmes. Alors est-ce un choix d’interprétation du réalisateur pour faire filtrer le moins d’humanité possible dans ses personnages? Toujours est-il que le résultat n’est pas fameux car il empêche le spectateur de rentrer complètement dans cette histoire et pourquoi pas s’identifier à cette famille qui ayant perdu leur pilier, est en recherche de nouveaux repères. Un sentiment qu’on pourrait facilement s’approprier. Seulement, ce manque de multiplicité des personnages nous les rend froids, inhumains et finalement inintéressants. Même si la moyenne de ses points forts et de ses points faibles fait tendre le film vers une note assez faible sur mon blog, le film promet de futures réalisations intéressantesde la part de Jorge Michel Grau surtout si celui-ci garde ce souci de l’esthétique de ses films. Il lui faudra toutefois grandement améliorer la façon dont est amené l’intrigue car pour en avoir parler avec pas mal de personne, la plupart ne sait absolument pas quoi en penser.

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